La meunerie de Barbegal

Distance de marche : 10.4 km ; Temps de marche : 4h

De Fontvieille dans les Bouches du Rhône on connaît surtout les moulins : le moulin de Daudet en particulier. Ce moulin ne lui a jamais appartenu mais il s’en est inspiré dans ses écrits. En fait Daudet séjournait fréquemment au Château de Montauban tout près de ce moulin et le connaissait certainement.

Pour ce circuit cependant c’est plutôt un autre moulin qui attire l’attention et fascine.

Il s’agit du moulin ou la meunerie de Barbegal – sur la commune de Fontvieille et quelque 3 km au sud des moulins à vent de Fontvieille. La meunerie de Barbegal était un moulin à céréales datant de l’époque romaine et utilisant l’eau comme force motrice. Pour apporter l’eau les romains ont construit des aqueducs tantôt souterrains, tantôt aériens. Une branche puisait l’eau au nord des Alpilles prés d’Eygalières et longeait le côté nord du massif par Saint-Rémy-de-Provence puis Fontvieille. Cette branche de l’aqueduc contourne ensuite le petit massif de Fontvieille par l’ouest pour revenir vers l’est et le site de la meunerie. Un second aqueduc apportait l’eau du secteur du Paradou et Maussane. Ces 2 aqueducs se rejoignaient à quelque 400 m au nord du site de la meunerie. En continuation, deux aqueducs aériens en parallèle apportent l’eau à travers un petit vallon sur une distance de 300 m pour arriver au sommet de la colline sur laquelle se situe la meunerie. Là au sommet, une brèche taillée dans le rocher permet de faire arriver l’eau au versant sud de la colline où il y avait pas moins de 16 moulins (deux par niveau sur huit niveaux et un dénivelé d’environ 25 m). Côté moulin, l’eau, dérivée en 2 canaux, actionnait les roues à aube des moulins.

Des 2 aqueducs en parallèle il reste de beaux vestiges. De la meunerie il ne reste plus grande chose – juste assez pour alimenter l’imagination.

Pourquoi 2 aqueducs ? Celui du côté ouest est dérivé juste avant le moulin par un canal qui dessert Arles (distant de 7 km). Celui du côté est alimentait le moulin. A l’arrivée devant le moulin on voit des vestiges d’un système de régulation qui permettait certainement de prendre l’eau d’Arles ponctuellement pour le moulin et de basculer l’eau du moulin vers Arles dans les périodes de fermeture.

Il semble évident que ce moulin ne pouvait pas fonctionner toute l’année car il n’y aurait pas eu assez de céréales puis l’entretien devait poser un problème à cause des accrétions de calcaire dans les canaux.

Des chercheurs ont estimé que ce moulin pouvait développer une puissance équivalente à 50 kw. Ce serait même le plus grand déploiement de force hydraulique connue du monde antique.


Pour ce circuit nous laissons la voiture au croisement de la D82 et la route de Barbegal (lieu dit la Croix de Jousseaud). Il est également possible de laisser le véhicule au parking de l’aqueduc romain quelque 400 m plus loin sur la D82. La première partie du circuit va à la chasse de vestiges de l’aqueduc venant d’Egalières et Saint-Rémy. On trouve des tranchées, quelques entrées de canal souterrain et quelques petits aqueducs. Sur certaines sections on a l’impression que les aqueducs se développent sur des centaines de mètres en souterrain. Après quelques kilomètres le sentier bifurque vers le nord pour se rendre aux moulins à vent de Fontvieille. Sur ce circuit on peut en voir 4 (celui de Daudet, le moulin Roucou et 2 autres). Après le secteur des moulins nous repartons vers le sud pour retraverser le petit massif de Fontvieille sur des chemins bien entretenus et arrivons au canal de la Vallée de Baux. En février le canal est vide pour entretien – la mise en eau s’effectuant vers le début mars. Après avoir longé le canal, nous traversons ensuite la D82 pour se diriger au sud puis à l’ouest pour arriver au pied des vestiges de la meunerie. D’ici il faut grimper sur les cailloux et les dalles de calcaire pour atteindre le sommet et la coupe taillée dans le rocher pour le passage de l’eau. Au delà, les restes des 2 aqueducs se dévoilent.

Il ne reste plus qu’à prendre quelques photos et renter à la voiture.

Une mise en garde cependant. Si vous ou vos compagnons de marche ont des problèmes d’équilibre, il est conseillé d’attaquer la visite de la meunerie en arrivant côté nord depuis les aqueducs. L’escalade de la colline de la meunerie dans les ruines et sur les dalles de calcaire inclinées nécessite un pied sûr.

Comparaison raisonnée GPSMap et smartphone

Pour la navigation sur un chemin de randonnée, comparée à il y a 10 ans nous avons un embarras de choix. De multiples applications sur smartphone ont fait leur niche depuis ce temps. Visorando, VisuGPX, SityTrails, AllTrails ne sont que les plus connus. Ces applications mobiles – parfois jumelées avec un site web – sont souvent participatives permettant au particulier d’utiliser des circuits déposés par d’autres : une sorte de réseau social autour de la randonnée. On peut tracer des pistes sur fond cartographique, visualiser des circuits, chercher des circuits selon la région etc.

viaduc du Trouvadou

Avant l’émergence de ces applications et sites, l’on utilisait des appareils portables dédiés de type GPS – similaire à ceux des voitures mais taillés pour l’usage sur le terrain avec des cartes pré-embarquées et des fonctions natives dans le logiciel de l’appareil. Le but de ce petit article est de faire une comparaison simple entre l’usage de smartphone versus un GPSmap de Garmin pour naviguer sur le terrain et trouver son chemin etc.

L’appareil GPS auquel je fais référence est le Garmin GPSMap 66 mais les observations tiennent aussi pour le 62 et le 64.

Comparaison GPSMap vs smartphone


Un désamour général pour des appareils dédiés mono-fonction en faveur du smartphone polyvalent frappe le secteur (comme il y a quelques années les appareils photos de milieu de gamme). A ma connaissance le dernier GPSMap sorti par Garmin date de 2018. Pas de renouvellement de gamme = mort commerciale du segment ?

Dernier commentaire : Si vous ne voulez pas être géolocalisé par les géants du tech et donnez priorité la protection de votre vie privee, le GPSMap aura votre préférence.

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Mise à jour de la base de données des circuits de rando

Promenade à Châteauneuf

Distance de marche : 10 km ; Temps de marche : 3 hr

Sur un 1er novembre férié, quelle meilleure idée que de se promener dans le vignoble. Nous avons choisi le village de Châteauneuf-du-Pape. Ce village connu pour sa viticulture devrait également être mieux connu pour ses paysages et son patrimoine historique – d’abord le château lui même – dominant le village. Ce château construit à partir de 1317 a une histoire extrêmement mouvementée. Choyé par le Papes lors de leur présence en Avignon, le château a été vendu, abandonné, occupé par les huguenots (XVIe siècle) et les allemands (XXe siècle). Ce sont ces derniers qui, partant en 1944, ont fait exploser un dépôt de munitions laissant le château avec son aspect d’aujourd’hui (un grand mur debout face au sud et l’intérieur de donjon exposé côté nord.)

le côté éventré du donjon

Notre circuit part du parking de la place de la Renaissance à Châteauneuf (marché le vendredi) et circule à travers la ville pour arriver au château au sommet de la colline. Après avoir contourné le château on évolue en descendant à travers le vignoble pour arriver dans la plaine du Rhône. Là, après quelques kilomètres on arrive devant un autre château, celui de l’Hers. Ce château, que l’on pourrait qualifier de château vieux « du Pape » comporte un donjon de bonne facture et un mur de forteresse encore debout au sommet d’un rocher pile au bord du Rhône. Le château était sur une île au milieu du Rhône semble-t-il. Aujourd’hui sa position sur l’ile de l’Oiselet apparait etre bien collée sur la rive gauche du fleuve. Anecdote curieuse – le château était une enclave du Languedoc sur la rive gauche de Rhône au moyen âge mais maintenant est bien situé dans le département de Vaucluse. La propriété, privée aujourd’hui, servait autrefois à surveiller le passage du Rhône et collecter les droits de passage. (Comment se financer au moyen âge autrement ?)

Château de l’Hers


Après un coup d’œil par dessus la digue du Rhône – pas en crue ce jour – nous longeons longtemps la rive gauche du bras mineur du Rhone, passons devant d’anciens fours à chaux et bifurquons directement vers le village. Sur ce dernier passage il y de très beaux coups d’œil sur le village de Châteauneuf avec le Mont Ventoux en toile de fond.


Si vous aimez le vin, vous l’aimerez peut-être encore plus après avoir vu, sur ce circuit, les très beaux paysages de vignoble, les terres de calcaire blanc, les rangées de vigne enherbées, la floraison de la roquette sauvage entre les rangs et le tout sous le ciel bleu de Provence.

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